Mon histoire.

Mon histoire.
C'était un mardi. Rien de spécial jusque là.
Un mardi comme tant d'autre.

Ce mardi là, enfermée dans les toilettes du collège, j'ouvrai mon sac à dos, entre cahiers et livres un petit sac plastique était écrasé. Dedans la boite qui faisait trembler mes mains: Le test de grossesse.
Je suis jeune, insouciante. J'ai des rapports sexuels non-protégés, toujours avec le même garçon. On s'aime, on se le dit souvent, on crane. Je ne pense pas aux dangers liés à ces rapports, peu nombreux et juvéniles. Ni le sida, ni les grossesses n'effleure mon esprit de jeune adolescente de 14ans. Et pourtant cela faisait déjà plusieurs jours que je me sentais fatiguée, les seins tendus et vite agacée et irritée. Plusieurs jours aussi que j'attendais que mes règles viennent. Mes règles si récente, quelques mois seulement que je découvrais le quotidien des femmes.
Le Mercredi d'avant je discutais de cela avec mon amie, de manière banale entre fous rires et autres exclamations. Elle me glisse alors, en tirant très fort sur sa cigarette, "hey! ça se trouve t'es enceinte ma poule! ça craint!". Ca craint. Oui. Je n'y crois pas, j'en ris et je lui dis "non mais tu dis n'importe quoi, imagines moi avec un bide énorme, la honte!". Ca n'arrive qu'aux autres ces choses là. Pas à moi, Amélie Castab, 14ans.
La semaine s'est écoulée, au collège je prenais soin de mon image de jeune adolescente rebelle, aux airs de "je-sais-tout", mais le soir, seule dans mon lit les questions fusaient "Et si elle avait raison, si j'étais enceinte?" je m'endormais recroquevillée sur mon ours en peluche, dans mon pyjama de petite fille, la tête inondée de questions aux quelles je n'avais aucunes réponses...
Le lundi, épuisée et contrariée, je décidai d'aller à l'infirmerie avec l'espoir de faire "sauter" mon heure de mathématique. Bonne élève et studieuse habituellement, l'infirmière m'accueille, me pose des questions banales. Je prétexte un mal de ventre. Elle me propose de m'allonger un peu, et d'appeler mes parents si besoin est. Je suis assise sur ma chaise, devant elle, j'ai envie de pleurer. Elle m'observe, et insiste face à mon silence. Dans un long soupir, presque un sanglot, je lui dis "madame, je suis enceinte!!". Silence. Pleurs. Affolement.
Après une longue discution elle m'explique qu'il n'est pas utile de paniquer, mes propos ne sont des soupçons. Elle me propose de revenir demain, elle me donnera un test de grossesse pour qu'enfin je sache si oui ou non je porte un enfant. J'accepte, et puis je vais m'allonger en pleurant toutes les larmes de mon corps.
A présent je tiens le test entre mes doigts, je lis la notice, observe le battonet blanc, il y a deux cases. Si un traits dans chaque fenêtre s'affiche, alors je ne suis pas enceinte. En revanche, si dans ta deuxième fenêtre une croix apparait, alors cela voudrait dire que je le suis. J'hésite, j'ai envie de le jeter au fond de la cuvette, de toute façon il sera négatif, ce n'est pas possible autrement. Et pourtant, j'ai placé le test sous mon urine. Et puis j'ai pris une grande inspiration. J'ai regardé. Deux traits, ouf. Soulagement. Je dépose le test à mes pieds, me rhabille. Je n'ai qu'une hâte, le dire à mon amie. Je regarde tout de même le test avant de le jeter, et stupeur! Une croix est apparue. Je suis enceinte. Non. Je regarde, encore, encore, encore, encore. La sonnerie retenti, dehors tout le monde rentre en classe, et moi je suis figée debout, le test sous mes yeux. J'ai mal au ventre, mal à la tête, je commence à pleurer, je panique. A cet instant, la seule chose qui me vient à l'esprit c'est mourir.

# Posté le lundi 12 janvier 2009 19:58

Modifié le mardi 13 janvier 2009 08:23

Mon histoire.

Mon histoire.
Je suis restée quelques minutes interminable dans les toilettes, les yeux rivés sur le test. Et puis, j'ai pris mon sac à dos, j'ai mis le test dans une de mes poches, et je suis allée en cours comme si de rien n'était. Je suis arrivée en retard en classe,les yeux bouffis et le visage pâle, j'ai rejoins ma place, j'ai relevé la tête et j'ai pensé. Je me suis dis que si je portais des jeans serré alors j'empêcherai le bébé de grossir, je me suis dis aussi que si je prenais des médicaments le bébé serait tué, ect ect. Je ne pensais qu'à stopper cette grossesse par tout les moyens.
A la fin de cours, ma prof m'appelle, je vais la voir. Elle me demande si je vais bien, je dis oui. Et je m'en vais du cours. Lla journée est passée, si lentement... Le soir je rentre chez moi, effondrée et vidée d'énergie. Mon père, qui prends soin de moi comme toujours, m'emmène chez le médecin. Je traîne des pieds, j'ai peur que le docteur découvre ma grossesse et qu'il le dise à mon père. Finalement non, j'ai le droit à quelques vitamine et demain une journée de repos. Le soir même je téléphone à mon petit-copain, le père du bébé, je lui dis que j'ai quelque chose de très important à lui avouer, après plusieurs minutes de suspens je lui dis que je suis surement enceinte. Un gros blanc, où mon sang ne fait qu'un tours. Et puis ces quelques mots "t'en fais pas, je suis sure qu'au collège y a des gens qui pourront nous aider". Je souffle, je pleurs, je lui dis que j'ai peur, que je ne veux pas de ce bébé, que c'est injuste.... Et lui me rassure, sur mon oreille le combiner est appuyé si fort que mon oreille me brûle. Je voudrai que quelqu'un me prenne dans ses bras, qu'on me dise que c'est faux, que mon ventre est vide, vide comme avant...
Le lendemain, je passerai la journée dans mon lit, en pleurant sur mon sort. Je suis terrorisée. Je me dis que la meilleure personne pour m'aider, c'est ma mère. J'en suis persuadée, elle aussi a été enceinte. Alors le soir, en descendant mettre la table, je lui dis entre deux claquement d'assiettes: "maman..." j'éclate en sanglots. Elle accourt, me demande ce qui me met dans un tel état, et je lui dis "j'ai fais un test maman, je suis enceinte". Son mouvement de recul me fait sursauter. Elle me regarde, pose la main sur son front et hurle "mais qu'est ce que tu me dis?! qu'est ce que tu me dis????!!!!" je pleure, j'ai peur, j'ai envie de m'écrouler sur le sol, de m'enfuir. Je regrette déjà mes derniers mots... Ma mère me prend par les deux bras, me secoue et me crie "t'as couché avec ce garçon?? combien de fois??!!!" je pleure, je suis terrorisée, que se passe t il? Pourquoi ces cris? Pourquoi cette violence dans ses gestes? je lui hurle que je veux avorter, que je regrette... Elle s'assoie et me dit nerveuse: "demain on prend rendez-vous pour que tu avortes. N'en parles à personne. Personne, tu as bien compris?" A cet instant je saisie à quel point elle est déçue. Ma mère a honte de moi. J'ai envie de me charcuter le ventre, de retirer cet embryon, je me déteste.
Ce soir là, mon petit copain m'appelle, il n'entendra que mes sanglots, mes lamentations, d'une voix toujours délicate et étonnement sereine il me supplie de me calmer, que demain il vient aussi que je n'ai pas à avoir peur. Je m'endormirai le téléphone en main, épuisée. J'ai 14ans je suis enceinte et demain je vais avorter.

# Posté le mardi 13 janvier 2009 09:14

Mon histoire.

Mon histoire.
Le lendemain ma mère m'emmène à l'hôpital, elle demande à ce que je sois avortée sur le champs et fait un scandale. Je me sens mal, je pleure encore, et encore.
Un médecin nous reçoit, il explique tant bien que mal à ma mère qu'il y a des procédures et que l'on ne peut pas me faire avorter aujourd'hui. Pendant toute la durée de l'entretien il ne s'adressera qu'à ma mère, je me sens transparente, inexistante. On parle de moi, de mon avenir, de mon corps, mais personne ne me demande ce qui se passe dans ma tête et dans mon c½ur.
Ma mère me tire par le bras, et je la suis. Je passe de service en service, jusqu'à cette petite salle où on me demande de me mettre à demi-nue. Je ne veux pas, pas devant ma mère. On ne me laisse pas le choix, ma mère veut absolument être là. Encore une fois je sanglote en déboutonnant mon pantalon. Je ne me sens plus humaine, mais simplement un amas de chair que l'on occulte. Le médecin me regarde, il me sourire et me dit "écoutes ma belle, ça ne fait pas mal, je vais juste regarder s'il y a bel et bien un embryon et ainsi je pourrais te dire de combien de temps tu es enceinte, d'accord?" Je l'observe, cette femme semble incroyablement douce et sympathique, elle me parle comme si nous étions seules. Je lui fais signe que oui, c'est d'accord. Elle me fait écarter les jambes, m'enfonce quelque chose de froid dans le vagin et regarde à travers son écran. Alors on aperçoit une poche noire. Une tache, je regarde, je me demande si c'est lui mon bébé. Elle m'explique qu'on ne le voit encore que très peu, et me montre un petit trait à l'intérieur de cette tâche noire. C'est lui l'embryon. Ma grossesse est estimée à 5sa+4, soit presque un mois.
Ma mère ne me dira pas un mot, nous avons un autre rendez-vous la semaine prochaine avec un psychologue cette fois-ci. Les médecins nous ont conseillés d'en discuter entre nous, avec mon père et Stéphane le papa du bébé. Ça ne se fera pas. A présent dans la maison il règne un silence glacial. On ne me regarde plus. Chaque repas est prévu pour deux personnes: mon père et ma mère. Je ne suis plus la bienvenue dans le foyer, et je sais qu'à présent avec ou sans ce bébé les relations avec mes parents ne seront plus jamais les même.
Je me réfugie chez les parents de Stéphane, qui eux effrayés et abasourdis par la nouvelle ont réagis d'une tout autre façon. Ils ne cessent de me dire que si besoin ils sont là, qu'ils faut que je dise ce que j'ai sur le c½ur ect ect. Je me sens épaulée, écoutée et vivante. Je logerai chez eux plusieurs jours, on discutera de la grossesse, de l'avenir. Stéphane est là, à mes côtés, silencieux mais apaisant. La mère de Stéphane m'emmène chez son gynécologue 4 jours après l'échographie que j'avais faite avec ma mère. On y va avec Stéphane. Elle nous laissera seule dans la salle d'échographie,à nouveau je me dénude. Le médecin m'observe, l'air inquiet. Il me demande si j'en ai déjà fait une, je lui dis oui, la voix tremblante. Il m'examine, et commence l'échographie. En 4 jours seulement, l'image a bien changé. Ce n'est plus un petit trait, mais une sorte haricot que l'on voit. L'échographe prend le temps de tout nous expliquer, et arrive à cette petite tache sur l'embryon, il dit lentement "voici le c½ur du bébé". Je suis prise de panique, je lui demande comment ça se fait, on ne l'a pas vu il y a quatre jours, je lui dis que c'est impossible. Face à ma panique, le médecin stop l'echographie, il nous dit qu'il est désolé que s'il l'avait su il n'aurait rien dit. Stéphane est debout, comme immobilisé. Et puis il dira cette phrase "pouvons nous avoir des photos de l'écran? je voudrai regarder encore mon bébé". Je suis abasourdie, pendant que moi j'ai envie de vomir et hurler, Stéphane lui en redemande...
En sortant du cabinet, je dis à sa mère: demain je veux être opérée, il faut que cette chose arrête de grandir!

# Posté le mardi 13 janvier 2009 12:47

Mon histoire.

Mon histoire.
Le soir même nous nous réunissons, Stéphane ses parents et moi-même au salon. Tout le monde évoque ses solutions, et l'avenir qui s'offre à nous. Mais je n'écoute pas, à cet instant je n'ai envie que d'une chose: que tout redevienne comme avant. Stéphane insiste, chaque soir: "Mais je suis sur qu'on peut s'en sortir, réfléchis encore s'il te plait" et ce soir là un argument s'ajoute à ceux qu'il prône depuis quelques jours: "le bébé a déjà un c½ur!". Je culpabilise. Je ne veux pas de ce bébé, mais je me sens meurtrie plus que jamais. J'ai sur mes épaules le destin d'une vie, et je me sens minable face à cette responsabilité.
Les jours passent, je vis constamment dans le doute, la peur et les regrets. Arrive le jour du rendez-vous avec la psychologue. Je dois retrouver ma mère devant le bâtiment. Je suis terrorisée, cela fait maintenant 5 jours qu'on ne s'est plus vue. Je l'aperçoit devant la porte d'entrée, le visage crispé. Lorsqu'elle m'a vu, elle est entrée sans me dire bonjour ni demander de mes nouvelles. Je suis blessée, j'ai envie de lui dire que je regrette, de lui demander pardon, j'ai envie qu'elle me sert dans ses bras et qu'elle me dise que ce n'est rien, que l'on va trouver des solutions, qu'elle sera là quoi qu'il arrive. Mais je resterai dans le couloir, les jambes tremblante. Lorsque la psychologue arrive, elle me fait signe de rentrer dans son cabinet. Ma mère me suit, mais la psychologue lui explique qu'elle ne veut voir que moi. La porte se ferme, la psychologue pose sa main sur mon épaule, et me dis de m'assoir. Je prends place sur la chaise, face à son bureau, mon c½ur bat à une vitesse folle. Elle me sourit, et m'explique qu'elle veut s'assurer que la décision vient de moi et non de mon entourage. La décision c'est avorter. Je ne réponds pas, je tords mes mains l'une dans l'autre. Mon destin prend une allure si étrange...
Elle me pose des tas de questions banales, mon âge, ce que j'aime, ce que je voudrais faire plus tard ect... Elle se centre uniquement sur ma personne, je redécouvre les joie d'être une personne à part entière, et non plus une fille enceinte à qui les seules questions qu'on pose c'est "tu vas avorter? ou tu vas le garder?". Je prends plaisir à discuter avec elle, les minutes défilent sans que je ne m'en rende compte. Elle n'évoque la grossesse qu'à la fin et elle me pose cette question "avez vous déjà songé à poursuivre votre grossesse?" Je ne réponds pas immédiatement, et puis je lui explique que oui Stéphane veut le garder. Elle m'interrompre et elle repose sa question "Oui, mais vous, y avez vous songé?" Alors je la regarde, désemparée et je lui dis que je n'en sais rien. Je me mets à pleurer, comme chaque fois qu'on me parle d'avortement ou de ma grossesse. Elle finira par ces quelques mots "si je peux me permettre un conseil, réfléchissez encore, vous êtes sous le choc encore." Je m'en irai, déboussolée. Dans la salle d'attente ma mère n'est plus là, elle est partie avant que l'entretien se termine. Je retourne chez Stéphane attristée et soulagée à la fois.
Quand j'arrive, Stéphane me demande inquiet "alors que comptes-tu faire?" et je ne sais pour quelle raison j'ai répondu "je ne veux plus avorter Stéphane...!" et je me suis effondrée contre lui. Il m'a longuement caressé les cheveux et puis il a soupiré "yahou je vais être papa!". Il avait 17ans, et pourtant il ne semblait pas avoir peur de l'avenir. Quant à moi, si tôt dit je regrettais mes paroles. Le soir même je pleurais, cet enfant j'en étais sur je ne voulais pas, mais je me sentais piégée, je venais de dire à Stéphane qu'on le garderai, et je ne me sentais pas le courage de revenir en arrière.
En quelques mots je venais de prendre mon billet pour huit mois de grossesse et une vie de maman.

# Posté le mardi 13 janvier 2009 17:23

Mon histoire.

Mon histoire.
Les jours ont passés, la mère de Stéphane m'avait prise sous son aile. Elle m'emmena encore une fois voir un gynécologue, avec le quel nous avons discuté de comment aller évoluer ma grossesse, mais aussi des risques que j'encourrai en étant enceinte à mon âge. Je ne me rendais compte de rien. Pour moi j'étais juste enceinte, l'accouchement me semblait extrêmement loin, et je ne réalisais pas que j'allais devenir une maman dans à peine quelques mois. Il n'y a avait rien de concret à part ces échographies qu'on m'avait faite, et j'avais beau les regarder je n'y voyais qu'une tache, pas un bébé et surement pas le mien.
Vint alors le jour de mon retour au collège, cela faisait déjà plus de deux semaines que je n'y avais pas mis les pieds. J'étais seule à passer le portail vert, personne pour me tenir la main. Comme chaque matin je me dirige vers mon amie et d'autre copains réunis dans le hall d'entrée. On m'accueille "salut!", je suis soulagée, aucuns d'eux ne parlera de ma grossesse. Les deux premières heures de cours se passent sans incidents, puis vient le moment de la récré alors pour la première j'entends les chuchotements sur mon passage. On parle sur moi, sur ma vie sexuelle, sur ma grossesse. J'ai envie de rentrer sous terre. Quand je vois mon amie ce matin là, je me précipite sur elle et lui dit paniquée "tout le collège est au courant", et elle m'a répondue, aussi brutalement que cela "bah ouais, faut s'y attendre quand on couche à 14ans, tu passes pour une belle pétasse!" et elle est partie. Je me suis retrouvée seule, dans la cours, avec une masse de jeunes adolescents autours de moi. Je comprenais alors que ma grossesse allait ruiner ma vie sociale. J'aurai aimé ne plus jamais revenir au collège, mais nous préparions le Brevet des collèges, et je ne voulais pas le rater. Alors chaque jours je retournais seule au collège, et j'endentai les bruits de couloirs. Petit à petit les rumeurs naissaient, les questions qui revenaient sans cesse étaient "Stéphane était il le père?" et "avais-je avortée ou non?"... Sur mon casier était gravé "sale pute". J'étais salie, rejetée, et moi... je me haïssais.
Les mois ont passés, et maintenant la question ne se posait même plus: le délais légal d'avortement était écoulé. Mon ventre s'arrondissait à peine, et fort heureusement ma grossesse ne fut visible à l'½il nu qu'aux alentours de 6 mois de grossesse.
Entre temps j'avais passé mon examen du brevet des collège, que j'ai eu avec succès. J'étais alors enceinte de quasiment 4mois. J'ai également eu plusieurs examens gynécologique, j'étais suivie de très près à cause de mon jeune âge. A 4 mois et demi de grossesse on m'a annoncée que j'attendais une petite fille.
Entre Stéphane et moi, une certaine distance naissait. Il ne voulait plus que je sorte avec lui dans la rue, par honte ou par fierté je ne le saurai pas. Alors je restais seule chez lui, des journées entières à tourner à rond, et surtout à imaginer l'avenir. Je n'acceptais toujours pas cette grossesse, je me sentais seule, inhumaine, et démunie. Je devais porter cet enfant seule, et je ne pouvais parler de mes craintes à personne. Les tas de questions que je me posais, certaines étaient si stupides, je n'avais personne à qui les poser. J'aurai aimée partager mes angoisses avec une amie, mais aussi avoir quelque chose, un écrit, un témoignage, pour m'aider à comprendre les changements qui se faisaient en moi.
Stéphane ne me parlait que très peu de l'avenir, la seule chose dont nous arrivions à parler c'était le futur prénom de notre enfant. Nous nous étions mis d'accord sur Clélia. Quant aux achats, ils étaient quasiment inexistant, nous ne faisions que de la récup'. Petite à petit le garage se remplissait de matériel de puériculture. Je les regardais souvent, et je pleurais. Je ne me sentais pas prête à utiliser tout ça, et le simple fait d'imaginer ma fille dans le lit à barreau me terrorisai. Je n'avais qu'une envie, prendre mes jambes à mon cou et m'enfuir très loin en laissant mon enfant derrière moi.

# Posté le mercredi 14 janvier 2009 09:51